Education populaire : La recherche créa’action 

 

 

- Recherche en action culturelle directe non-violente -

 

 

Présentation générale:

 

L’éducation populaire peut se développer selon plusieurs axes. Deux d’entre eux sont d’une part l’action culturelle et d’autre part la formation à l’action directe non-violente en vue de favoriser des transformations sociales.

 

La recherche créa-action consiste à développer des recherches qui portent sur la mise en œuvre de pratiques culturelles, par exemple de type artistiques, qui prennent la forme d’action directe non-violente.

 

Ces formes d’action directe existent déjà actuellement sous plusieurs formes telles que :

- la flash mob et les performances militantes

- le détournement créatif de publicité

- les installations-occupations.

- le théâtre de rue sous la forme par exemple du théâtre invisible

ect...

 

Des actions de ce type ou proches sont mises (ou ont été mises) en œuvre entre autres par des organisations écologistes, des associations de malades (comme Act up), des groupes féministes (ex : collages féministes), des activistes anti-consommation, des associations comme Attac, ect…

 

Une association comme Attac qui s’est constituée comme une association d’éducation populaire met en œuvre depuis quelques années des actions basées sur la cré’action : comme les « vautours » en manifestation, les performances féministes des Rosies, les « faucheurs de chaise » dans les banques ect…

 

Ce type d’action a deux visées. Il s’agit d’une part de favoriser une conscientisation de la population relativement à une réalité sociale et/ou écologique. Mais, elle n’a pas qu’une visée de conscientisation, mais également de praxis transformatrice visant à faire advenir un changement social. Ces actions visent à agir sur des entreprises et/ou des pouvoirs publics. Elles peuvent par exemple viser l’image de marque d’une entreprise.

 

La recherche créa’action

 

L’éducation populaire a développé des pratiques de recherche-action participative. Ces recherches action participatives reposent sur des enquêtes par questionnaires, des récits de vie, des entretiens ou de la cartographie par exemple.

 

L’éducation populaire a aussi développé des pratiques de recherche-création, c’est le cas par exemple du photovoice ou du digital storytelling.

 

La recherche créa-action constitue une forme de recherche qui vise à créer et à élaborer des pratiques d’éducation populaire à visée de transformation sociale. Il ne s’agit pas uniquement d’une recherche-création tournée vers la création de pratiques de conscientisation, mais également vers la praxis sociale.

 

La formation des éducateurs et éducatrices populaires doit comprendre la capacité non pas seulement à reprendre des pratiques issues des traditions de l’éducation populaire. Mais, elle doit également inclure la capacité à créer des nouvelles pratiques adaptées au contexte d’intervention et à les expérimenter. Un cursus de formation des éducateurs/trices populaire devrait les amener à concevoir et à expérimenter non seulement des pratiques de conscientisation, d’aller vers (le public), mais également d’action directe non-violente.

 

Cette capacité à créer des pratiques s’appuient sur la mise en œuvre d’une recherche empirique qui vise à orienter la création de pratiques dont entre autres des outils d’intervention. La création de pratiques peut porter sur : a) les méthodes de recherche participative b) les pratiques de conscientisation c) les méthodes d’organisation et de décision collective d) les pratiques de mobilisation des collectifs e) des pratiques d’action directe f) l’imagination et l’expérimentation d’alternatives (économiques, écologiques...), ect...

 

La recherche créa’action porte en particulier sur la création de pratiques d’action directe non-violente qui visent à une transformation sociale.

 

 

[NB : Il ne s’agit pas dans l’éducation populaire de réduire la pratique à des outils et des méthodes. Une pratique sans réflexion éthique peut être qualifiée d’outils et de méthodes. Une praxis comprend la mise en œuvre d’un agir éthique]